Publié le 7 janvier 2008
Première partie : présentation et histoire de Longo Maï, les semences (Kokopelli), le bio, rémunération, prises de décisions et répartition des tâches...
Deuxième partie : prises de décisions, répartition des tâches, impôts, engagements, rapport aux médias, radio Zinzine, consommation et argent au sein des coopératives...
Troisième partie : organisation, couverture sociale, santé, éducation, retraite, synergies entre les coopératives, projets et luttes...
Les activités « Energie » à la ferme Le Montois :
Comment reconstruire une économie viable basée avant tout sur les ressources humaines et les ressources naturelles ? Tel est le défi auquel nous sommes confrontés à l’échelle locale et régionale si nous souhaitons une économie indépendante du pétrole. A la ferme de Longo mai à Undervelier, nous essayons par de petites contributions à éveiller un nouvel intérêt pour les ressources naturelles. La force de l’eau du Miéry, la rivière qui coule en contrebas de la ferme du Montois nous a impressionné dès notre première visite en 1986. Mais il a fallu quelques années pour concevoir et réaliser un projet permettant de transformer l’énergie de l’eau en électricité. Nous avons capté l’importante source karstique (résurgence du Miéry) qui débouche dans le Miéry à une centaine de mètres de la ferme. Son débit très variable, entre 50 litres seconde en période d’étiage et 3000 litres seconde environ en période de crue a exigé la mise en place d’une turbine adaptée de type Ossberger. Au printemps 1996 nous avons pu inaugurer une petite centrale hydro-électrique, qui fournit depuis environ 100’000kwh par an. Les deux tiers de cette énergie sont livrés au réseau électrique, le dernier tiers sert à couvrir nos propres besoins. L’installation enterrée entre deux étangs nouvellement créés est seulement perceptible par un oeil averti. Les surfaces consacrées à l’agriculture et à la forêt ont pu être entièrement préservées. Au début du siècle il y avait encore près d’une dizaine d’installations utilisant la force de l’eau dans notre vallée, aujourd’hui seul deux autres centrales électriques sont encore en service.
La ferme du Montois est au fond d’un vallon orienté est-ouest et n’a pour cette raison pas de soleil pendant deux mois de l’année. Même dans cette situation, il est intéressant d’utiliser l’énergie solaire, car le soleil ne dispense qu’environ 5% de son énergie durant les mois d’hiver. Ensemble avec un instituteur du village et deux fermes du voisinage, nous avons constitué un groupe d’auto-construction. On peut fabriquer soi-même des panneaux solaires avec des moyens relativement simples. Les instructions techniques sont données par « Solar-Support », une organisation créée pour promouvoir et conseiller l’auto-construction. Elle est aujourd’hui présente sur tout le territoire suisse. L’idée est venue d’Autriche où le premier groupe s’est constitué en 1983, et elle a fait son chemin puisque des milliers de capteurs solaires ont été installés depuis dans tout le pays. La constitution de ces groupes d’auto-construction a plusieurs avantages : les projets sont du début à la fin planifiés et exécutés ensemble, et cette approche commune permet un échange d’expériences enrichissant. En plus on se fait plaisir et ça coûte moins cher que les installations toutes faites. Une surface d e 1m2 de panneaux solaires produit environ 12’000 l d’eau chaude à 400. Sur le toit du Montois 27m2 de panneaux solaires assurent le chauffage de l’eau sanitaire et celle du chauffage central en été et entre saisons.
L’élevage de moutons a une tradition dans les coopératives de Longo Mai. Il fallait donc aussi s’intéresser à ses produits et à la laine en particulier. Près de la moitié de la laine suisse est actuellement brûlée ou détruite. Longo Mai s’est engagé en faveur d’une valorisation de cette ressource renouvelable. Ensemble avec la Fédération jurassienne de menu bétail, celle du Jura bernois, Uniterre et de nombreux artisans et sympathisants de la laine nous avons créé l’association « Laines d’ici », dont l’objectif est la mise en place d’un processus de réflexion et d’action autour de la laine. Dans un premier temps l’association « Laines d’ici » a décidé d’ouvrir un "centre régional de la laine" qui accueille le public depuis le 18 mars 2005 à Undervelier. Pourquoi un centre régional de la laine ? L’association s’est rendue compte qu’il faut recréer des liens entre éleveurs, producteurs de laine, transformateurs, artisans et le public en général. L’artisan n’a plus accès à la laine et souvent ne connaît même pas les différentes laines à disposition dans sa région. L’éleveur par contre ne sait même pas qu’il y a encore des personnes qui filent, feutrent ou tissent la laine, voire en ont besoin pour des créations de mode ou des oeuvres artistiques.
Texte : extrait d’un dossier de presse, septembre 2005
Photos : Le Montois, avril 2006
Audio : présentation de Longo Maï à l’Ecurie, Ilôt 13, décembre 2007
Photos de Longo Maï à Limans, dans les Alpes de Haute Provence.
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